Réflexions personnelles sur l’évolution du rôle de la classe de 6ème SEGPA

Cette année 2015-2016 voit un changement de structure en ce qui concerne les élèves à besoins éducatifs particuliers. En effet, par-delà les adaptations à mettre en place et les aides à apporter, il y a l’institution et ses structures et surtout ce que les acteurs du système vont en faire et les parents s’en approprier.

 

Désormais, le redoublement en primaire devient exceptionnel. (texte de référence ici)

 

 

 

Que faire alors pour les élèves sortants du CM2 qui seraient en grande difficulté scolaire malgré les aménagements mis en place ?

 

 

Le redoublement a montré ses limites. En effet, si le redoublement peut être une solution quelques élèves, il montre néanmoins ses limites dans beaucoup de situations. L’important n’est pas, bien souvent, le redoublement mais porte bien plus sur ce qui va être mis en place l’année suivante. Un redoublement sans aménagement particulier est bien souvent voué l’échec.

 

Faire passer en classe de 6ème général, même avec un Plan Particulier de Réussite Educative (PPRE), n’est souvent pas une solution pour des élèves en grande difficulté. Le PPRE a son intérêt si les difficultés de l’élève ne sont pas trop grandes.

 

Bien souvent, on se retrouve face à un choix cornélien où aucune bonne solution ne s’offre ni aux parents, ni à l’enfant en difficulté. Que faire alors ?

 

 

 

Une solution structurelle semble être possible si les différents acteurs (inspection, enseignant, parents, etc.) autour de l’élève en difficulté s’accordent. En effet, il y a une évolution sensible et notable de la classe de 6ème SEGPA qui devient une classe de pré-orientations.(texte du B.O. ici)

 

 

Cette classe de 6ème SEGPA pourrait être considérée comme un sas d’un an dans lequel l’enfant en grande difficulté scolaire pourrait bénéficier d’une structure adaptée à ses difficultés, sans pour autant engager une orientation spécifique. Cette structure bénéficie d’enseignants spécialisés formés, d’un effectif limité et pourrait être considéré comme un moyen, un sas durant lequel, pendant un an, l’élève en grande difficulté pourrait reprendre, retravailler, approfondir, revoir les parties des programmes non acquises. Les enseignants auront plus de temps pour chacun, une pédagogie plus adapté au service de ces élèves.

 

À l’issue de cette année de 6e SEGPA, 3 possibilités peuvent s’offrir pour chaque enfant :

 

     soit l’enfant a pu pallier une partie de ses difficultés et a le niveau nécessaire poursuivre en classe de 5e générale, alors le conseil de classe de fin d’année peut décider une intégration en 5e générale. Il serait souhaitable, pour ses élèves, d’avoir une scolarité durant leur 6ème avec une intégration dans certaines matières avec une classe de 6ème générale.

 

     Soit l’enfant a pu pallier une partie de ses difficultés, mais n’a pas encore acquis le niveau nécessaire poursuivre en 5e, mais peut reprendre une scolarité classique, alors le conseil de classe pourrait statuer sur un redoublement en 6ème générale. Cela permettrait de faire une 6ème en 2 ans, la première afin de reprendre pied, la seconde afin de reprendre cursus classique.

 

     Soit l’enfant, malgré ces aides, reste en grand décalage quant aux acquisitions scolaires, alors une orientation en 5e SEGPA pourrait être envisagée.

 

 

 

L’évolution de la classe de 6ème SEGPA et de cette structure pourrait être une solution pour aider les élèves en grande difficulté à l’issue du CM2. Cependant, cela nécessite une clarification institutionnelle et un accord sur la même vision sur la fonction et la mission de la classe de 6ème SEGPA entre les professeurs des écoles, les inspecteurs du premier degré, les IEN-ASH, la CDOEA (commission qui oriente vers la SEGPA) et les directeurs de SEGPA.

 

L’important est de pouvoir apporter une aide réelle et efficace pour les élèves en grande difficulté. La fin du redoublement ainsi que l’évolution de la classe de 6ème SEGPA pourrait être une solution structurelle pour permettre aux élèves en difficulté de se remettre en selle et de se donner une année avant d’envisager la meilleure orientation possible pour eux.

 


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